Luna Lovegood
Vie d'une illustratrice

Moins de stickers pour une création éco-consciente

Aujourd’hui chers lecteurs, au menu : “Quand trop de stickers c’est trop de stickers.

Vous allez vous dire, mais que va-t-elle encore chercher, qu’est-ce que c’est que ce sujet à la c**?

Que nenni, je vous assure, il ne s’agit pas d’un “put-a-click” gratuit, mais d’une véritable réflexion sur la raison d’être et l’utilité des stickers que nous imprimons à tout va.

Et quand je dis “nous“, je sous-entends, j’avoue, “nous les illustrateurs” dotés d’une boutique et/ou d’un Patreon.
Tout le monde fait imprimer des stickers.

Certains sont fait de papier kraft ou recyclé, mais la plupart du temps il s’agit de plastique.

Le plastique c’est fantastique

Or le plastique, c’est avant tout et surtout du pétrole, cette matière fossile hors de prix, à l’origine de nombreux conflits mondiaux qui pollue nos océans et nos vies.

Bref, plastique/pétrole, notre meilleur ennemi est partout.

Mais quand on essaie d’avoir une conscience écologique et économique (je dirai même politique), on essaie de limiter la consommation/utilisation/production de plastique.

Or, que penser de tous ces autocollants qui pullulent partout ?

Un sticker, c’est mignon, ça permet de personnaliser pas mal de choses (carnet, ordinateur, thermos…).
Mais cela reste du plastique.

Et personnellement je m’interroge très sérieusement sur mon choix passé/présent/futur de faire des autocollants sans prendre de recul et me positionner.
Ai-je vraiment besoin de faire imprimer des autocollants pour gagner ma vie en tant qu’illustratrice ?

En ce qui me concerne, je ne veux plus participer à la production de masse de stickers.
Or, malheureusement, on n’a souvent pas le choix quand on veut passer commande chez un imprimeur, le nombre minimum d’exemplaire est souvent de 50.

To Buy or not to buy

Moins de stickers pour une création éco-consciente

A moins d’avoir, avec certitude, 50 clients pour se jeter sur votre stock et le vider d’un coup… ou 50 abonnés Patreon, la plupart du temps, vous produisez d’un seul coup une grosse quantité d’impression en vinyle/plastique pour en vendre au final assez peu.

Et quand bien même, cela incite les gens à acheter des autocollants dont… ils n’ont peut-être pas besoin.

A titre très personnel, je ne suis pas pour la surconsommation.
Je préfère de loin réparer, restaurer et donner une seconde vie à un objet plutôt que d’encombrer mes placards ou les déchetteries.

Pourquoi participer à un système qui produit toujours plus quand nous avons déjà tant de mal à recycler ?
Pourquoi acheter un objet que nous avons déjà sous prétexte qu’il est plus “à la mode“, “plus neuf” ?
Sans compter qu’il y a un réel plaisir à restaurer un vieux meuble, apprendre à réparer son aspirateur ou transformer un vêtement usagé avec une belle broderie maison.

Pourquoi cette idée soudainement ?

Il y a peu j’ai déménagé et j’en ai profité (dans la mesure du possible) pour trier un peu mes affaires.
C’est quelque chose que j’essaie de faire régulièrement sans aucune raison, mais un déménagement s’y prête d’autant plus qu’avec les années, on finit par vouloir voyager léger.

Et en triant mon bureau, j’ai été effarée de voir la quantité d’autocollants que j’avais gardée dans un coin en attendant de “trouver le bon endroit où le coller”.
A part un ou deux sticker bonus reçus avec mes commandes RedBubble qui sont assez moches, j’en ai de très jolis réalisés par des artistes que j’aime beaucoup… mais qui attendent désespérément leur heure au fond d’un tiroir.

Ne sachant que faire d’eux au moment de ma trouvaille, je les ai soigneusement rangés dans un carton.

Au moment de défaire les cartons, je suis retombée sur ces jolis autocollants, sans savoir qu’en faire… et je les à nouveau remis au fond d’un tiroir.

C’est là que je me suis dit : mais que font les gens de ceux que je leur envoie tous les mois ?

J’ai donc décidé de regarder dans mon entourage ce que mes proches faisaient des stickers qu’ils m’avaient acheté/commandé:

Ma belle-mère a longtemps hésité avant de les coller sur les placards de sa cuisine à des endroits clefs, elle est contente du résultat… mais moi je trouve ça dommage.

Cela me rappelle la fois où j’avais voulu décorer le lit en bois vernis de ma grand-mère avec les autocollants qu’elle avait eu au travail.

Bizarrement elle n’était pas ravie de voir sa tête de lit tapissée d’autocollants Pré-maman criard au design très 70’s rouge et bleu… (j’avoue).

Cela avait sacrément abîmé le vernis du meuble et ma grand-mère a fini par changer de cadre de lit.


Mea culpa, pardon Mamie.

Mais continuons plutôt le tour d’utilisations des autocollants.

Une amie et abonnée Patreon en a collé un sur sa boîte aux lettres. J’espère qu’il résistera bien aux intempéries, mais j’en doute.

Quant à ma mère, j’ai découvert qu’elle les gardait précieusement dans l’attente de trouver là où ils seraient les plus en valeur. Je lui ai conseillé de les coller sur son joli carnet de la Boutique de Margaux, mais elle n’est pas enthousiaste… car un jour le carnet sera terminé et elle n’aura plus le plaisir de voir mes dessins sur la couverture tous les jours.
Je lui ai donc répondu “et en marque-page ?

Et là, tout est devenu clair : pourquoi s’embêter à produire des autocollants en plastiques qui encombrent tout le monde si au bout du compte on finit par en faire des marque-pages ?

Autant faire des marque page directement non ?

C’est exactement ce que je me suis dit : un marque page c’est joli, utile, inspirant parfois (quand il comporte une citation) et on n’en a jamais assez !

Voilà pourquoi je pense donc proposer un marque-page mensuel en lieu et place de l’autocollant.
Cette décision me semble d’autant meilleure, que l’impression est peu onéreuse.
Peut-être pourrais-je alors proposer cette contrepartie dès le deuxième palier d’abonnement sur Patreon (à déterminer, je dois encore calculer la faisabilité).

Vais-je arrêter de proposer des stickers ?

Cela ne veut pas dire que je ne ferai plus de stickers, ni que je n’en vendrai plus.

Sticker Patreon Photo enveloppe


Je continuerai à proposer un (tout) petit stock sur ma boutique et à mettre mes illustrations disponibles en impression comme autocollant sur le sites de Print on Demand sur lequel j’ai une boutique (RedBubble).

L’avantage du Print on demand c’est que si vous avez besoin/envie d’un sticker on va vous en imprimer 1. Pas 25 ou 70.

En revanche, j’ai décidé de ne plus réaliser d’autocollant mensuel pour mes abonnés Patreon.

Cela fait maintenant 1 an que je propose cette contrepartie et je constate que tout le monde n’en a pas l’utilité.
Qu’on les achète, qu’on les reçoive en cadeau bonus dans une commande ou qu’ils fassent partie de la contrepartie d’un abonnement de soutien…

On est très vite saturé par une profusion de très jolis (parfois moins jolis) stickers de toutes tailles, tous motifs.

Au sujet des partenariats en papeterie

Alors, je vois déjà quelques petits malins essayer de me coincer en me posant la question fatidique :
Et si une boutique te propose de réaliser en partenariat des objets de papeterie : autocollant, washi tape, , etc. ?”

Argh, voilà une question épineuse.
Hum…
Je répondrais : “cela dépendrait de l’entreprise, du nombre d’exemplaires et du mode de production“.

Par exemple :

  • The Washi Tape Shop propose de jolies choses, mais elles sont produites en Chine, donc la réponse serait “non”, tant qu’ils gardent une telle empreinte carbone.
    Par ailleurs, je trouve qu’ils donnent trop peu d’information quant à la composition de leurs washi. Mais s’ils sont réalisés à partir de matériaux recyclés, pourquoi pas ?

  • La boutique de Margaux propose de belles choses, crées par Margaux elle-même (parfois en collaboration avec des illustrateurs) et produites dans son local de façon éco-consciente. La réponse serait donc “oui” tout de suite (appel du pied).

Cependant, je n’en suis pas encore là et dans l’immédiat, je souhaite surtout exercer mon métier avec le plus de conscience écologique et économique et éthique possible.

Gagner sa vie éthiquement en tant qu’illustratrice : Moins de stickers pour une création éco-consciente

Bien sûr, comme tout artiste je cherche à gagner ma vie, à varier mes revenus (missions free-lance, travaux pour l’édition, boutique en ligne, abonnement de soutien sur Patreon, vidéos YouTube).

Mais dans la mesure du possible, je ne souhaite pas vendre mon âme, bafouer mes idéaux.

Gagner sa vie oui, la perdre à la gagner, non.

Comme je suis un être humain responsable mais faillible, il y a encore beaucoup d’aspects de ma vie et de mon travail qui ne sont pas encore 100% éco-conscients.

Je ne cherche pas à être Greta Thunberg (je suis trop vieille et puis moi, je dois payer mon loyer), mais je peux faire de mon mieux.

Ce qui veut dire que régulièrement je peux faire un bilan de mes choix de consommation et de production pour les adapter afin qu’ils soient plus cohérents avec mon éthique.

Et vous, quelle est votre vision du métier d’illustrateur ?

Pensez-vous que puisque nous faisons un métier d’Arts Appliqués à l’industrie nous sommes tenus de fermer les yeux sur les modes de production pour pouvoir gagner notre vie ?

Ou bien avons-nous un rôle à jouer dans le choix que nous faisons des impressions et produits dérivés que nous proposons ?

Dites-moi tout, je suis curieuse de vous lire.

En attendant, je vous laisse pour aujourd’hui et je vous dis à très bientôt pour d’autres rêves illustrés. 👁️⭐☁️🌈

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